Calendrier des soldes : lancement d'une concertation

Bruno le Maire reflexion sur le calendrier des soldes

Face aux résultats en demi-teinte des soldes, tant d’hiver que d’été, les commerçants français s’interrogent quant à la pertinence de leur calendrier.

Après une étude engagée par la CCI de Paris sur ce sujet (voir notre article des questions sur les dates des soldes), le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’interroge à son tour, et annonce l’ouverture d’une vaste concertation pour modifier, éventuellement, leurs dates de lancement et leurs durées. Depuis la suppression des soldes flottants, en 2015, la durée des soldes a été portée à six semaines. Au niveau national, à l’exception de quelques départements, ils débutent le deuxième mercredi de janvier (le premier mercredi si le deuxième est daté après le 12 du mois), et le dernier mercredi de juin (l’avant- dernier si la date tombe après le 28 du mois).

C’est ce dispositif qui est aujourd’hui contesté par de nombreux acteurs du commerce. Parmi les principales critiques, la durée, jugée finalement trop longue, et les dates de lancement, globalement inadaptées aux critères de consommation, notamment en ce qui concerne les soldes d’hiver. De nombreux commerçants font valoir, que, noyé dans un environnement de promotions quasi permanentes, avec la concurrence non contrôlée du e-commerce, les soldes perdent de leur impact.

L'Alliance du Commerce favorable à une période plus courte !

Beaucoup souhaitent donc revenir à la période de cinq semaines. En ce qui concerne la date du début des soldes, celle d’hiver est particulièrement contestée. Actuellement, le laps de temps entre les fêtes de fin d’année et le début des soldes est rempli par les promotions perlées et les ventes privées, lesquelles assèchent une partie du budget des consommateurs avant les soldes proprement dits.

La FEH plaide pour un début de soldes le premier mercredi du mois de janvier, au lieu du deuxième comme actuellement ; sous réserve d’un ajustement lorsque le premier mercredi tombe le 1er janvier. La majorité des enseignes interrogées reste attachée, pour des raisons pratiques, au principe d’un début des soldes le mercredi. Ces modifications rendraient de l’attractivité à l’évènement, qui entrerait à nouveau en synergie avec la période des fêtes.

Faut-il une date fixe pour les soldes ?

D’autres hypothèses sont envisagées. Ainsi, lors de la réflexion engagée par la CCI de Paris sur la problématique des soldes, des propositions ont émergées. On pourrait, notamment, choisir une date fixe pour le début des soldes sur l’ensemble du territoire national -- ce qui offrirait une meilleure lisibilité pour les consommateurs français et étrangers -- par exemple le 2 janvier pour les soldes d’hiver. Cette solution est en vigueur depuis de nombreuses années, avec succès, dans les quatre départements dérogatoires de l’Est. Une autre suggestion consiste à avancer les soldes fin décembre, afin de les inclure dans le contexte de consommation des fêtes de fin d’année. Cette disposition permettrait à Paris de rivaliser avec Londres, qui attirent durant cette période une multitude de « touristes-shoppers », mais elle rencontrra des difficultés pour fédérer tous les acteurs au niveau national.

Le ministère de l'économie s'implique dans la reflexion avec les acteurs du commerce

Les préoccupations du commerce concernant les périodes de soldes ont manifestement été entendues par l’exécutif. Ainsi, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a annoncé, lors du lancement des soldes d’été, qu'il allait ouvrir une concertation avec tous les acteurs du commerce, afin de revoir et d'améliorer l'organisation des périodes de soldes. Le ministre a notamment déclaré :

«Les soldes restent un moment important, mais l'organisation actuelle n'est pas satisfaisante. Les soldes d'hiver sont trop tardifs, on pourrait les faire démarrer au tout début de janvier. On pourrait également travailler à un raccourcissement de la période et à une meilleure articulation avec le commerce en ligne »

La concertation promise par Bruno Le Maire, devrait se dérouler en septembre. Le chantier s’annonce complexe, car il n'y a ni dates, ni durées idéales, qui puissent satisfaire l’ensemble de la profession. Un dossier que suivra attentivement l’Alliance du Commerce.