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Tourisme : rétablir l’image d’attractivité de la destination France

Touchée par les attentats meurtriers qui l’ont endeuillé, notre pays connaît une baisse moyenne de 8% de sa fréquentation touristique, encore plus marquée à Paris et sur la Côte d’Azur. Face aux enjeux économiques que représente cette activité, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre un plan d’actions pour rétablir l’image d’attractivité de la destination France.

Le tourisme représente 7,4% de notre PIB et génère 2 millions d’emplois non délocalisables. Il constitue donc un moteur essentiel de notre économie et, par son enracinement, contribue au développement de nos territoires. Au-delà de la bataille pour l’emploi, priorité des Français, le tourisme constitue un élément stratégique pour le rayonnement de la France dans la compétition internationale. Si notre pays reste la première destination touristique mondiale, avec 84,5 millions de visiteurs annuels, il est désormais talonné en Europe par de sérieux concurrents, comme l’Espagne, l’Italie, voire le Portugal, notamment en termes de nuitées et de dépenses touristiques.

Les attentats de Paris et de Nice, mais aussi les évènements relayés par les médias internationaux des débordements de manifestations sociales, ont contribué à ternir l’image de la destination France. Face à cette situation dégradée, l’exécutif, qui avait décrété le tourisme « cause nationale » en 2014, a décidé de réagir et d’étudier toutes les pistes permettant de rétablir l’attractivité touristique du pays.

• RÉPONDRE À L’URGENCE

Dans cette perspective, Jean-Paul Huchon, l’ancien président de la région Île-de-France, a remis au Premier ministre son rapport sur la « destination France au lendemain des attentats ». Le rapport vise à amplifier la politique gouvernementale au profit du secteur du tourisme et à répondre à l’urgence de la situation que nous subissons. Elle préconise notamment l’élaboration d’un plan de mobilisation « destination France sûre » affichant l’ensemble des mesures en faveur de la sécurisation des touristes.

Par ailleurs, Jean-Paul Huchon suggère de mieux coordonner l’action publique en matière de promotion et de structuration de l’offre touristique, tant au niveau de l’État qu’au niveau territorial. Il recommande, en particulier, la mise en place d’une plate-forme État régions et État-métropoles, associant l’ensemble des acteurs de la filière. Enfin, Il a détaillé diverses propositions en matière de soutien aux investissements touristiques, reposant sur une meilleure articulation des actions conduites par la Banque publique d’investissement, la Caisse des dépôts et consignations et le Commissariat général à l’investissement. Le rapport Huchon servira de base au plan d’actions que le gouvernement entend lancer pour relancer l’attractivité touristique de la France. À cet effet, Jean-Marc Ayrault a réuni les professionnels du tourisme au Quai d’Orsay pour un comité d’urgence économique. Face à la crise qui affecte le secteur, le ministère des Affaires Étrangères, chargé du tourisme, a décidé d’attribuer une enveloppe de 10 millions d’euros pour la promotion de la France à l’étranger, au-delà du budget de 1,5 million débloqué exceptionnellement en début d’année.

Un comité interministériel consacré au tourisme, prévu mi-octobre, et une deuxième conférence annuelle sur le tourisme alimenteront le dispositif.

• SYNERGIES TOURISME-COMMERCE

L’Alliance du Commerce se félicite de la réactivité des pouvoirs publics en la matière. Au delà du contexte défavorable qui nous est imposé, il convient d’utiliser tous les leviers disponibles pour valoriser le potentiel touristique de notre pays. Nous pensons qu’il faut développer les synergies, trop largement inexploitées, entre le tourisme et le commerce. Il serait notamment judicieux de répondre aux aspirations de la clientèle touristique, qui réclame un meilleur accès aux magasins le dimanche et en soirée. Créons, lorsque c’est justifié, de nouvelles ZTI. Levons les freins psychologiques, qui empêchent encore les ouvertures dominicales là où elles correspondent à un besoin économique. Allons au bout des intentions. Bref, soyons pleinement compétitifs.

Réforme des baux commerciaux : à qui profite la loi Pinel ?

Plus de 200 participants ont assisté au colloque organisé par la Fédération Procos et l’Alliance du Commerce, le 19 mai 2016 à la Maison du Barreau à Paris.

Ce colloque était destiné à faire un premier bilan de la loi Pinel du 18 juin 2014 relative à la réforme des baux commerciaux et de son décret d’application du 3 novembre 2014.

Dans un contexte économique morose, la pression sur les charges et les loyers avait, dès 2011, conduit les fédérations du commerce à demander plusieurs mesures :

droit à la résiliation triennale pour les commerçants ;

lissage des hausses liées à un déplafonnement, limitées à 10% par an, quelle que soit la durée du bail ;

obligation de retenir l’Indice des Loyers Commerciaux (ILC), plus favorable aux commerçants, comme indice de référence de l’évolution des loyers ;

obligation d’inscrire dans tous les baux une liste précise et limitative des charges et impôts transférables au locataire et amélioration de l’information du locataire ;

proportionnalité dans la répartition des charges entre locataires d’un ensemble commercial pour tous les baux ;

définition des charges et impôts qui ne peuvent être refacturés au preneur.

Les débats ont mis en évidence les progrès apportés par la loi du point de vue de l’information donnée aux preneurs. L’encadrement des charges refacturables et la proportionnalité dans leur répartition entre les locataires des centres commerciaux sont des acquis très importants, malgré la résistance de certains bailleurs constatée sur le terrain.

Le problème de la répartition des dépenses d’embellissement  des centres commerciaux reste cependant toujours aussi aigu. Les enseignes sont confrontées à des appels de charges non prévus et financièrement insupportables. Il est absolument nécessaire, compte tenu des besoins de rénovation du parc français, qu’un nouvel équilibre soit trouvé.

La fédération Procos et l’Alliance du Commerce resteront vigilantes sur l’application effective de la réglementation en bonne intelligence avec les propriétaires bailleurs •